L E  C E N T R E - N O E U D

Exposition personnelle, "OÙ Lieu d'exposition pour l'art actuel", Marseille, 2010

Le Centre-noeud
Performance vocale d’après « La lettre aux acteurs » de Valère Novarina, 2010

 

Respirez, poumonez ! Poumoner, ça veut pas dire déplacer de l’air, gueuler, se gon er, mais au contraire avoir une véritable économie respiratoire, user tout l’air qu’on prend, tout l’dépenser avant d’en reprendre, aller au bout du sou e, jusqu’à la constriction de l’asphyxie nale du point, du point de la phrase, du poing qu’on a au côté après la course.

   Le Centre-Nœud est une performance vocale à partir d’un extrait de La lettre aux acteurs de Valère Novarina qui questionne les enjeux d’une pensée où le corps est à la fois le sujet et le matériaux même de création. Ici, la voix forme une ambivalence douloureuse et jouissive, une profération soufflée comme pour expulser un excès, un trop-plein de résistance pressé et noué dans le fond du ventre. C’est un désir profond de démêler ce qui résiste par le biais de la langue, une articulation du corps pour reprend les mots de Barthes. La voix, dans son rapport conflictuel au corps qui est à la fois son entité et sa limite, fait acte comme pour affirmer sa matérialité, sa consistance ou mieux, son organicité. Novarina affirme que «pour lutter contre l’industrie de l’explication, il faut reconsidérer le texte comme des choses vivantes. Le texte est détruit par le souffle des acteurs. Brûler, au sens d’une combustion, d’un sacrifice, de quelque chose qui s’en va ». Oraliser c’est mettre en langue. Languer désigne l’acte de parler. Languer c’est exprimer la tension des mouvements de la respiration, pour faire sortir l’énergie vitale et la transmettre à celui qui l’écoute, la comprend.

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